Concerts

Concert de l’Ensemble Strasbourg-Ortenau: Cantates profanes de Bach

Samedi 26 janvier à 20h. Concert de l’Ensemble Strasbourg-Ortenau: Cantates profanes de J.S. Bach.

Billetterie Internet prochaine et à la boutique culture ainsi qu’une caisse du soir.

Cantate BWV 212 Bauernkantate,

Cantate BWV 211 Kaffee-Kantate

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Programme

Le programme que nous vous proposons est composé de deux cantates profanes de J.S.Bach : la Cantate des Paysans et la Cantate du Café qui révèleront un visage de J.S. Bach inattendu et tout différent de l’image mystique et sévère du compositeur exclusivement dédié à la célébration de Dieu et à la prédication spirituelle.
C’est au Café Zimmermann, où il conduisait un orchestre d’étudiants, le Collegium Musicum, que Bach s’accordait un espace de liberté, une occasion de renouer avec une créativité non contrainte, d’expérimenter des formes musicales originales, de se libérer de sa charge écrasante de cantor.
Les deux cantates de notre programme furent écrites et interprétées dans ce contexte bien profane et convivial.

La Cantate des Paysans met en scène deux personnages bien typés, un jeune paysan et sa fiancée qui badinent, bavardent, échangent vertement des propositions sans ambiguïté et commentent les événements locaux. Ils se rendent joyeusement à la taverne fêter la nomination d’un nouveau chambellan dont ils font l’éloge, brocardent ironiquement le percepteur, s’essaient à un style musical citadin plus distingué, échouent, retournent au style rustique conforme à leur condition, suivent la cornemuse jusqu’à la taverne où l’on fera la fête…
Bach réussit dans ce banal et prosaïque tableautin, parodiant la structure habituelle des cantates sacrées (arias et récitatifs alternés), à composer un brillant patchwork musical, en utilisant exclusivement des mélodies populaires et folkloriques: polonaises, mazurkas, musique de chasse, airs à la mode ou traditionnels, même la sarabande des Folies d’Espagne y figure !
En réemployant et en agençant avec son extraordinaire génie musical tous ces éléments disparates, il nous offre une œuvre riche et foisonnante.

Dans la Cantate du Café, c’est la bourgeoisie qui offre cette fois le cadre d’une saynète psychologique, comportant péripéties et dénouement inattendu.
Les personnages sont finement dépeints : un père bougon, « vieux jeu », défend à sa fille espiègle et enjouée la consommation du café ! Bach fait ici la satire de la mode du café qui se répandait dans les foyers bourgeois allemands et provoquait la réprobation farouche des censeurs de l’époque !
Devant le refus obstiné de sa fille, qui défend avec enthousiasme les délices de ce breuvage, le père menace de lui interdire dorénavant tout plaisir.
La désobéissante accepte de cesser cette consommation répréhensible… à condition que son père lui trouve de suite un mari ! Mais la rouée contourne par ruse l’interdiction paternelle en exigeant secrètement de son futur mari qu’il s’engage à lui permettre de boire du café …
Les moyens musicaux mis en œuvre expriment la finesse psychologique des deux personnages : chromatisme sinueux décrivant l’exaspération du père, volubilité de la flûte illustrant l’enjouement et l’excitation de la fille, rythme ternaire de danse et bourrée qui donne au final la gaieté alerte de mise, en forme de trio conclusif digne d’un opera buffo italien : » Si grand-mère et mère font grande consommation de café, comment blâmer la fille de faire comme elles… »

Distribution instrumentale

L’exécution des deux cantates requiert un effectif orchestral réduit (10 musiciens) :
violon I/II, alto, flûte traversière, cor et basse continue (clavecin et violoncelle).

Cet effectif orchestral est composé de musiciens issus du Collegium Strasbourg-Ortenau sous la direction d’Edlira Priftuli, et la participation de David Brinkert en violon solo.
Tristan Lescène au violoncelle et Yuki Mizutani au clavecin, assureront le continuo.

Distribution vocale

Lilia Dornhof – soprano

Née en Sibérie, la soprano Lilia Dornhof débute sa formation musicale par l’étude du piano.
Elle poursuit des études d’ingénieur du son à Düsseldorf, parallèlement à ses études de chant.
Pour parfaire et approfondir le chant, elle rejoint Lille puis Strasbourg où elle obtient son prix en 2017 auprès de Marie Kobayashi.
Elle poursuit sa formation auprès de Martin Gester en se spécialisant en musique baroque.
Son vaste et éclectique répertoire lui fait aborder les œuvres de la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine.
Le lied, la mélodie et la scène la sollicitent également.
Elle se fait connaître et apprécier comme soliste par de nombreux concerts, notamment à Strasbourg où elle est devenue rapidement une participante reconnue et appréciée de la vie musicale.

René Schirrer – basse

Il aborde le chant à Strasbourg, se perfectionne à la Musikakademie de Bâle et au Mozarteum de Salzburg.
Il débute comme soliste dans la troupe de l’Opéra de Lyon.
Il poursuit sa carrière dans de nombreux théâtres tels Genève, Montréal, Toulouse, Montpellier, Tours, Bordeaux, Paris, Lille et se produit très régulièrement à l’Opéra du Rhin.
Il a participé à des enregistrements discographiques marquants, parmi lesquels :
Anacréon, Castor et Pollux, de Rameau avec William Christie, Tamerlano de Haendel, Scylla et Glaucus de Leclair avec Gardiner, La Damnation de Faust de Berlioz avec Casadesus, Didon et Enée avec Dutoit…
L’oratorio et le Lied, la musique ancienne en général, représentent pour lui un domaine de prédilection.

Denis Lecoq – ténor

Denis Lecoq, ténor, a fait ses études de chant au Conservatoire de Colmar. Il s’est ensuite perfectionné auprès de Leonardo Pezzino, Marie-Josée Dolorian et Robert Dumé. Il a reçu les conseils de Michel Laplénie et Hans-Michael Beuerle à l’occasion de Master classes. Après deux années passée comme choriste professionnel au sein du Grand Théâtre de Metz, il a fait le choix de réorienter sa carrière vers le management culturel tout en continuant à se produire régulièrement en tant que soliste en oratorio et comme choriste dans les meilleurs ensembles vocaux amateurs de la région et du Baden Württemberg.