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Retour sur le concert Florestan – Estivales de Sainte-Aurélie 2019

Merci à Christian Wolf pour son très bel article ( et ses photos)  sur Facebook – « on connaît la musique à Strasbourg » – ce premier mercredi, le quatuor Florestan a réuni quelques 140 personnes, enchantés.

On connaît la musique à Strasbourg

5 h

La sérénade estivale du Quatuor Florestan

C’était hier soir l’inauguration des Estivales de Sainte-Aurélie, initiés par l’organiste et titulaire du Silbermann en tribune Jérôme Mondésert. Au programme, quatre concerts dont j’ai partagé l’événement. Pour cette première soirée, l’organisation avait avancé l’horaire afin de permettre un échange avec les musiciens autour d’un verre. Le public fidèle de Florestan et de Sainte-Aurélie n’a pas boudé le rendez-vous et a fait preuve au long de l’heure et demi de musique d’une attention extrêmement soutenue.

On ne le redira jamais assez, l’église Sainte-Aurélie bénéficie d’une acoustique exceptionnelle, et ce quel que soit l’emplacement : les instruments se démultiplient mais la polyphonie demeure claire et les timbres ne s’altèrent en rien. Le jeu tout en sobriété, sans excès – accents, tempo – de la formation bientôt trentenaire se révèle particulièrement approprié à l’endroit, et la texture acquiert toute sa plénitude.
C’est déjà le cas dans trois pièces de Bach écrite pour clavier et transcrites, ici interprétées avec un mélange de sérénité et de gravité.

Dans Beethoven, n°4 opus 18, Florestan s’est montré uni et homogène, inspiré particulièrement par la veine classique de la partition, dont on entend avec évidence la filiation à Haydn. Les mouvements intermédiaires auraient peut-être pu gagner encore en pétillant et en légèreté.

Le concert se termine avec une des pièces de prédilection de Florestan, le « Quatuor américain » de Dvorak, dans lequel les musiciens se trouvent à merveille et montrent une extraordinaire fluidité, en même temps qu’un beau sens du contraste, dans des tempi pas trop enlevés. Le mouvement lent, emmené par l’archet nerveux et fin de Philippe Lindecker au premier violon, est une merveille. Déployé avec noblesse et énergie, l’ensemble de l’oeuvre, conclue avec force, est vivement salué. Le quatuor ne semble jamais aussi à l’aise que lorsqu’il dépeint un paysage ou instille une atmosphère. Le bis, une Gymnopédie arrangée, plane ainsi avec grâce, devançant à peine le crépuscule… et le verre de blanc.